Icebergs

du 24 mars 2012 au 21 avril 2012

Exposition

Cette seconde exposition solo de l’artiste David Gillanders à la Galerie Trois Points joue de mystère et de séduction dans cette sélection de peintures récentes qui mettent en scène une exploration de la grandeur et l’énigme du paysage cosmique.

Il y a quelques années, au hasard d’une visite d’une petite galerie parisienne, David Gillanders a découvert une carte du ciel de l’astronome anglais John Flamsteed. Datant du 17e siècle et documentant la position des étoiles visibles de l’hémisphère nord, la Voie lactée, telle une déchirure dans cette image autrement hautement mathématique vient en briser le rythme mesuré. Au dos de cette carte, l’artiste en a découvert le titre : Petite carte du ciel. Magnifique et audacieuse, l’idée de tenter de réduire l’immensité de la nuit du ciel à quelques marques sur une feuille de papier le fascine.

Cartes, globes-terrestres, calendriers, langages, notation mathématique, toutes ces méthodes de codification intriguent David Gillanders, autant de moyens élaborés par l’humain pour tenter de mieux clarifier et communiquer ses idées, son expérience du temps, de l’espace. C’est toutefois autour de la question de l’ambiguïté et de la perception que se développe la pratique de Gillanders. Peu importe le degré d’acuité de nos sens, des codes ou des symboles utilisés, c’est le décalage entre le monde qui nous entoure et la perception que nous nous en faisons qui l’intéresse, c’est cet écart qui sert de point de départ à son travail.

Les œuvres que le peintre présente dans Icebergs trouvent leur point de départ à la fois dans la découverte de cette carte séculaire dans une galerie parisienne que par le fort impact d’une visite des Badlands du Dakota du Sud. Découvertes qui offrent tour à tour de larges arrangements complexes autant que de délicats motifs, points, lignes se déployant en vagues, en larges champs colorés. Même le plus abstrait de ces motifs attise l’impression confuse de reconnaître une image. À l’instar de ce décalage entre la réalité et notre perception, ces récentes peintures de David Gillanders, comme autant d’icebergs, suggèrent beaucoup plus qu’elles ne montrent. Inspirées par Flamstreed et les Grandes Plaines, on découvre en fait des cartes d’un autre type, dont on aurait oublié de joindre la légende.

 

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